twilight

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LES NOUVELLES DE ROSALIE

Voici une magnifique traduction des «Rosalie’s News». C’est

un court extrait du roman New Moon écrit par Stephenie Meyer du point de vue d’Edward. Il s’agit du moment où Rosalie prévient Edward de la mort de Bella :

Le téléphone à l’intérieur de ma poche vibra une nouvelle fois. C’était la vingt-cinquième fois en quatre heures. Je songeai à l’ouvrir, au moins pour voir qui essayait de me contacter. Peut-être était-ce important. Peut-être Carlisle avait-il besoin de moi.

J’y songeai, mais ne bougeai pas.

Je n’étais pas tout à fait sûr du lieu où je me trouvais. Une espèce de grenier sombre, infesté de rats et d’araignées. Celles ci m’ignoraient, et les rats m’offraient une large couchette. L’air était étouffant, mêlé à de fortes odeurs d’huile, de viande avariée, de sueur ; et l’épaisse couche de pollution était réellement visible dans l’air humide, comme une pellicule noire qui recouvrait tout. Au dessus de moi, quatre étages branlants d’un appartement de guetto habité. Je ne m’embêtais pas à essayer de séparer les voix des pensées – le tout constituait un énorme et bruyant bourdonnement en espagnol auquel je ne prêtai pas attention. Je laissais juste les sons rebondir sur moi. Insignifiant. Tout cela était insignifiant. Mon existence elle même était insignifiante.

Le monde entier était insignifiant.

Mon front pressé contre mes genoux, je me demandais combien de temps je serai capable de tenir ainsi. Peut-être était-ce sans espoir. Si ma tentative était vouée à l’échec, peut-être devrais-je cesser de me torturer et rentrer…

Cette idée était si puissante, si apaisante – comme si les mots contenaient un fort anésthésiant, emportant l’avalanche de douleur sous laquelle je croulais – cette pensée me fit haleter, elle me donna le vertige.

Je pourrais partir maintenant, je pourrais rentrer.

Le visage de Bella me sourit derrière mes paupières.

C’était un sourire de bienvenue, de pardon, mais il n’eut pas l’effet que mon subconscient aurait voulu qu’il ait.

Evidemment que je ne pouvais pas partir. Qu’était ma douleur, après tout, en comparaison de son bonheur ? Elle devait être capable de sourire, libre de la peur et du danger. Libre du désir d’un futur sans âme. Elle méritait mieux que ça. Elle méritait mieux que moi. Lorsqu’elle quitterait ce monde, elle rejoindrait un lieu qui
m’est fermé à jamais, quelle que soit la façon dont je me serais conduit ici.

L’idée de cette ultime séparation était tellement plus intense que la douleur que je ressentais déjà. Mon corps trembla à cette idée. Quand Bella poursuivra son chemin vers le lieu auquel elle appartient et que je ne pourrais pas rejoindre, je ne resterai plus caché ici.

C’était mon espoir, mais il n’y avait aucune garantie. « To sleep, perchance to dream: ay, there’s the rub » [Quote Shakespeare's Hamlet, 1603], me citai-je à moi même. Quand je ne serai plus que poussière, ressentirai-je tout de même le supplice de sa perte ?

Je frissonai à nouveau.

Et, bon sang, j’ai promis. Je lui ai fait la promesse de ne plus hanter sa vie, de ne plus y amener mes sombres démons. Je ne reviendrai pas sur ma parole. Pouvais-je faire une seule chose de bien auprès d’elle ? N’importe quoi ?

L’idée de retourner dans la petite ville nuageuse qui sera toujours mon vrai chez moi sur cette planète me traversa l’esprit une nouvelle fois.

Juste pour vérifier. Juste pour m’assurer qu’elle allait bien, qu’elle était en sécurité et heureuse. Pas pour empiéter sur sa vie. Elle ne saura jamais que j’étais là…

Non. Bon sang, non.

Le téléphone vibra encore.

« Bon sang, bon sang, bon sang, » grognai-je.

Je pouvais me servir de cette distraction, j’imagine. J’ouvris le clapet du téléphone et pour la première fois depuis six mois, ressentis un choc en voyant le numéro.

Pourquoi Rosalie m’appelerait-elle ? Elle était probablement la seule personne qui se réjouissait de mon absence.

Il devait se passer quelque chose de réellement grave pour qu’elle ait besoin de me parler. Soudainement inquiet pour ma famille, je pressai le bouton « répondre ».

« Quoi ? » demandai-je, tendu.

« Oh, waw. Edward répond au téléphone. C’est un tel honneur. »

Dès que je perçus le ton de sa voix, je sus que ma famille allait bien. Elle devait juste s’ennuyer. Il était difficile de deviner ses motivations sans ses pensées pour me guider. Je n’ai jamais réellement compris comment fonctionnait Rosalie. Ses pulsions était généralement fondées sur la plus tortueuse des logiques.

Je fis claquer le téléphone.

« Laisse moi tranquille » murmurai-je dans le vide.

Evidemment le téléphone vibra à nouveau aussitôt.

Persisterai t-elle à appeler jusqu’à ce qu’elle ait réussi à me transmettre son message pour m’ennuyer, quel qu’il soit ? Probablement. Il lui faudrait plusieurs mois pour en venir à se lasser de ce jeu. J’effleurai l’idée de la laisser me rappeler encore et encore pendant une demie année… Puis je soupirai et pris l’appel.

« Fais vite. »

Rosalie débita ses mots à toute vitesse. « J’ai pensé que tu aimerais être au courant qu’Alice est à Forks. »

J’ouvris les yeux et fixai la poutre de bois en décomposition à moins de dix centimètres de mon visage.

« Quoi ? » Ma voix était impassible, dépourvue d’émotion.

« Tu connais Alice – elle croit tout savoir. Comme toi. » gloussa Rosalie sans aucun humour. Sa voix était légèrement nerveuse, comme si soudainement, elle n’était plus sûre de ce qu’elle faisait.

Mais ma colère rendit difficile de me préoccuper du problème de Rosalie.

Alice avait promis qu’elle suivrait mes directives concernant Bella, bien qu’elle n’approuvait pas ma décision. Elle avait promis qu’elle laisserai Bella tranquille… tant que je le ferai. Manifestement, elle croyait que je cèderai face à la douleur. Peut-être avait-elle raison à ce sujet.

Mais je n’avais pas cédé. Pas encore. Alors que faisait-elle à Forks ? J’aurais voulu étrangler son maigre cou. Non pas que Jasper m’aurait laissé m’approcher assez d’elle aussitôt qu’il aurait ressenti la fureur qui aurait explosé en moi…

« Tu es toujours là, Edward ? »

Je ne répondis pas. Je me pinçai l’arrête du nez, me demandant s’il était possible pour un vampire d’avoir la migraine.

D’un autre côté, si Alice était déjà rentrée…

Non. Non. Non. Non.

J’ai fait une promesse. Bella mérite une vie. J’ai fait une promesse. Bella mérite une vie.

Je me répétais ces mots comme un mantra, essayant de chasser de ma tête l’idée attirante de la fenêtre sombre de Bella. La porte d’entrée à mon seul sanctuaire.

Je devrais sûrement ramper à ses pieds si je rentrais. Mais cela ne m’importait pas. Je pourrais passer la prochaine décennie à genoux si c’était avec elle.

Non, non, non.

« Edward ? Tu ne cherches même pas à savoir pourquoi Alice est là bas ? »

« Pas particulièrement. »

La voix de Rosalie devint suffisante, elle était ravie, sans aucun doute, de m’avoir forcé à répondre. « Eh bien, naturellement, elle n’enfreint pas exactement les règles. Je veux dire, tu nous as seulement demandé de rester éloignés de Bella, pas vrai ? Le reste de Forks importe peu. »

Je clignai lentement les yeux. Bella avait quitté Forks ? Mes pensées tournèrent autour de cette surprenante idée. Elle n’était pas encore diplômée, elle était donc sûrement retournée vivre avec sa mère. C’était un bon point. Elle devait vivre au soleil. C’était bien qu’elle ait réussi à laisser l’obscurité derrière elle.

Je tentai d’avaler ma salive, mais n’y parvint pas.

Rosalie eut un rire nerveux. « Alors tu n’as pas à être en colère après Alice. »

« Alors pourquoi m’as-tu appelé Rosalie ? Si ce n’est pas pour attirer des ennuis à Alice ? Pourquoi est-ce que tu me déranges ? »

« Attend ! » dit-elle, sentant, à juste titre, que j’étais capable de raccrocher à nouveau. « Ce n’est pas pour ça que j’ai appelé. »

« Pourquoi alors ? Dis moi vite et laisse moi tranquille. »

« Eh bien… » hésita t-elle.

« Crache le morceau, Rosalie. Tu as dix secondes. »

« Je pense que tu devrais rentrer à la maison, » dit-elle précipitamment. « J’en ai assez de voir Esme pleurer et Carlisle qui ne sourit plus. Tu devrais avoir honte de ce que tu leur as fait. Tu manques à Emmett constamment et il commence à m’énerver. Tu as une famille. Grandis et pense un peu aux autres pour changer. »

« Intéressant comme conseil Rosalie. Laisse moi te raconter une petite histoire à propos d’une théière et d’une bouilloire… »

« Je pense à eux, contrairement à toi. Réalises-tu à quel point tu as blessé Esme, si ce n’est personne d’autre ? Elle t’aime plus que nous tous, et tu le sais. Rentre à la maison. »

Je ne répondis pas.

« Je pensais qu’une fois toute cette histoire avec Forks terminée, tu t’en remettrai. »

« Forks n’a jamais été le problème, Rosalie, » commencai-je, tentant d’être patient. Ce qu’elle venait de me dire à propos d’Esme et Carlisle m’avait déstabilisé. « Juste parce que Bella » – il m’était difficile de prononcer son nom – « a déménagé en Floride, ne signifie pas que je suis capable de… Ecoute, Rosalie, je suis vraiment désolé, mais crois moi, ma présence ne rendrait personne plus heureux. »

« Hm… »

Eh voilà, encore l’hésitation nerveuse.

« Qu’est ce que tu me caches Rosalie ? Esme va bien ? Est-ce que Carlisle – »

« Ils vont bien. C’est juste que… Eh bien, je n’ai jamais dit que Bella avait déménagé. »

Je me tus. Je me repassai notre conversation mentalement. Oui, Rosalie avait dit que Bella avait déménagé. Elle avait dit : … tu nous as seulement demandé de rester éloignés de Bella, pas vrai ? Le reste de Forks importe peu. Puis : Je pensais qu’une fois toute cette histoire avec Forks terminée… Alors Bella n’était pas à Forks. Que voulait-elle dire par « Bella n’a pas déménagé » ?

Puis Rosalie s’embrouilla dans ses mots encore une fois, elle les prononça presque férocement cette fois ci.

« Ils ne voulaient pas te mettre au courant, mais je trouve ça stupide. Plus vite tu te remettras de tout ça, plus vite les choses rentreront dans l’ordre. A quoi bon te laisser te morfondre inutilement dans les recoins sombres de la planète ? Tu peux rentrer maintenant. Nous serons à nouveau une famille. C’est terminé. »

Mon esprit sembla se briser. Je ne comprenais plus ses mots. C’était comme s’il y avait quelque chose d’extrêmement évident dans ce qu’elle était en train de me dire, mais je n’avais aucune idée de quoi. Mon cerveau joua avec l’information, formant d’étranges motifs avec. Cela n’avait aucun sens.

« Edward ? »

« Je ne comprend pas ce que tu dis, Rosalie. »

Long silence, de la longueur de quelques battements de coeur humain.

« Elle est morte, Edward. »

Silence encore plus long.

« Je suis… désolée. Mais tu as le droit de savoir, je pense. Bella… s’est jetée d’une falaise il y a deux jours. Alice l’a vu, mais il était trop tard pour envisager quoique ce soit. Je pense qu’elle l’aurait aidée, qu’elle aurait rompu sa promesse, si elle avait eu assez de temps. Elle est rentrée faire son possible pour aider Charlie. Tu sais à quel point elle a toujours tenu à lui – »

Le téléphone coupa. Il me fallut quelques secondes pour réaliser que je l’avais éteint.

Je m’assis dans l’obscurité poussiéreuse l’espace d’un long moment. C’était comme si le temps s’était arrêté. Comme si l’univers s’était figé.

Lentement, me déplaçant comme un vieil homme, je rallumai mon téléphone et composai le numéro que je m’étais promis de ne plus jamais appeler.

Si c’était elle, je raccrocherais. Si c’était Charlie, je parviendrais à obtenir l’information dont j’avais besoin par un subterfuge. Je prouverais que la mauvaise plaisanterie de Rosalie n’était qu’un mensonge, et je pourrais retourner à mon néant.

« Résidence Swan, » répondit une voix que je n’avais jamais entendue auparavant. Une voix de husky, profonde, mais toujours jeune.

Je ne m’arrêtai pas pour réfléchir à ce que cela impliquait.

« C’est le Docteur Carlisle Cullen, » dis-je, imitant avec perfection la voix de mon père. « Pourrais-je parler à Charlie ? »

« Il n’est pas là, » répondit la voix dont la colère me surprit légèrement. Les mots étaient presque grondés férocement. Mais je n’y prêtai pas attention.

« Bien, où est-il alors ? » demandai-je, commençant à m’impatienter.

Il y eut une courte pause, comme si l’étranger hésitait à me révéler l’information.

« Il est à l’enterrement. » répondit finalement le garçon.

J’éteignis le téléphone une nouvelle fois.

 

MAUVAIS CALCULS

(extrait des pensées de Rosalie)

 

Un bruit, presque inaudible – pas ici, environ cent mètres au nord – me fit sursauter. Ma main fermement serrée autour du téléphone, je le refermai et le cachai de la vue d’un possible arrivant, en un même mouvement.
Je remis mes cheveux derrière mon épaule, jetant furtivement un coup d’œil vers la forêt par les grandes fenêtres. La lumière était faible, croissante ; mon propre reflet dans la vitre était plus lumineux que les arbres et les nuages. Je regardais fixement mes yeux larges et effrayés, mes lèvres se courbant, aux coins, vers le bas, le petit pli vertical sur mon front…
Je me ressaisis, effaçant l’expression de la culpabilité sur mon visage. Distraitement, je notai comment l’expression de férocité sciait à merveille à mon visage, contrastant délicieusement avec les épaisses ondulations dorées de mes cheveux. Parallèlement, mes yeux balayaient la forêt d’Alaska toujours sans le moindre signe de vie, et je fus soulagée de voir que j’étais encore seule. Le bruit que j’avais entendu n’était rien d’important – sûrement un oiseau, ou la brise.
Je n’ai pas à me sentir soulagée, me dis-je à moi-même. Je n’ai pas à me sentir coupable. Je n’avais rien fait mal.
Les autres n’avaient-ils pas décidés de ne pas dire la vérité à Edward ? De le laisser vagabonder à jamais sans but alors qu’Esmée se lamentait constamment, que Carlisle ne prenait plus aucune décision de son propre chef et que l’habituelle joie d’exister d’Emmett s’évaporait en même temps que grandissait sa solitude ? N’était-ce pas injuste ?
De plus, il n’y avait aucune raison de laisser Edward dans l’ignorance à long terme. Tôt ou tard il nous aurait trouvés, venu pour voir Alice ou Carlisle pour quelque raison, et il aurait découvert la vérité. Nous aurait-il remerciés d’avoir menti en gardant le silence ? Je ne pense pas. Edward doit toujours tout savoir ; il avait toujours vécu pour cette sensation d’omniscience. Il serait d’une humeur massacrante, et nous l’aurions seulement aggravée par le fait de ne lui avoir rien dit et de n’avoir rien fait pour le prévenir, il me remercierait probablement d’être celle qui avait été assez courageuse pour être honnête avec lui.
A des kilomètres de là, un faucon hurla ; le bruit me fit sursauter et je vérifiai par la fenêtre encore une fois. Mon visage avait gardé la même expression de culpabilité qu’avant, et je me contemplai dans la vitre. Était-ce une si mauvaise chose que de vouloir que ma famille soit à nouveau réunie ? Était-ce si égoïste de ma part de regretter la paix qui était la nôtre, notre franc bonheur que j’avais considéré comme acquis, ce bonheur qui a semblé partir en même temps qu’Edward ? Je voulais juste que les choses redeviennent comme elles l’étaient avant. Etait-ce donc si mal ? Ça ne me semblait pas si horrible. Après tout, je n’avais pas agi que pour moi-même, mais pour tout le monde. Pour Esmée, Carlisle et Emmett. Et pour Alice aussi. Je pense que j’aurais assumé… Mais Alice avait été tellement sûre que les choses se rétabliraient à la fin, qu’Edward ne pouvait pas rester loin de sa petite amie humaine.
Alice avait toujours fait partie d’un monde différent de celui dans lequel le reste d’entre nous vivait, fermé à clef par les constants changements du futur. Du fait qu’Edward était le seul qui pouvait faire partie de la réalité d’Alice, j’avais pensé que son absence causerait plus de dégâts sur elle. Mais elle était fermée, comme toujours, vivant en avant, son esprit ayant atteint un niveau que son corps n’avait pas . Toujours aussi calme.
Elle avait été assez effrayée lorsqu’elle avait vu Bella sauter, cependant…
Avais-je été trop impatiente ? Avais-je agi trop tôt ?
Je pouvais être honnête envers moi-même, parce que dès qu’il serait rentré, Edward verrait probablement un peu de mesquinerie dans ma décision de lui dire la vérité. J’étais obligée de reconnaître que c’était le cas. Oui, j’étais jalouse qu’Alice se soit sentie si bouleversée au sujet de Bella. Alice aurait-elle été si traumatisée, si empreinte de panique si c’était moi qu’elle avait vu sauter du haut de la falaise ? Etait-elle obligée d’aimer cette humaine banale tellement plus qu’elle ne m’aimait, moi ?
Mais cette jalousie ne pesait pas grand chose dans la balance. Elle pouvait avoir précipité ma décision mais ne l’avait pas commandée. J’aurais appelé Edward de toute façon. J’étais sûre qu’il préférerait mon honnêteté au silence préservateur des autres. Leur bonté était condamnable dès le début ;
Edward serait revenu à la maison tôt au tard.
Et maintenant, il pourrait revenir plus tôt.
Je n’étais pas uniquement impatiente que ces choses qui m’avaient tellement manqué redeviennent comme auparavant. Edward m’avait réellement manqué, lui aussi. Ses petites remarques sarcastiques et son humour noir – qui était plus en harmonie avec mon propre sens de l’humour qu’avec la nature blagueuse d’Emmett – me manquaient. Sa musique, sa stéréo hurlant des tubes, anciens comme récents, et le piano, le bruit d’Edward transcrivant ses pensées en mélodie harmonieuse me manquaient. Je m’ennuyais de l’Edward qui était avec moi dans le garage tandis que nous réparions nos voitures, le seul moment où nous étions en parfaitement en symbiose.
Mon frère me manquait. Il y avait peut-être des chances pour qu’il ne soit pas trop dur avec moi après avoir vu ça dans mes pensées.
Ses pensées à lui n’aimeraient sûrement pas ça, je le savais. Mais plus vite il serait à la maison, plus vite tout reviendrait à la normale, à nouveau…
Je recherchai dans mon esprit une forme de peine pour Bella, et je fus heureuse de constater que je pleurais la jeune fille. Un peu. C’était déjà ça. Elle avait rendu Edward heureux comme jamais je ne l’avais vu avant. Naturellement, elle l’avait également rendu plus malheureux que toute autre chose dans son siècle d’existence. Mais la paix qu’elle lui avait donnée durant quelques mois me manquerait . Je regrettais vraiment sa perte.
Grâce à ça je me sentie mieux vis-à-vis de moi-même. Je souriais à mon visage dans la vitre, encadré par mes cheveux d’or dans la longue et confortable salle de séjour aux murs rouges de Tanya, et j’appréciais la vue. Lorsque je souriais, il n’y avait aucun homme, aucune femme sur cette planète, mortel ou immortel, qui pouvait rivaliser avec ma beauté. Etait-ce une pensée soulageante ? Peut-être n’étais-je pas la personne avec laquelle il était le plus facile de vivre. Peut-être étais-je superficielle et égoïste. Peut-être aurais-je développé un meilleur caractère si j’étais née avec un visage et un corps communs et ennuyeux. Peut-être aurais-je été plus heureuse de cette façon. Mais c’était impossible à prouver. J’étais belle ; c’était quelque chose sur quoi je pouvais compter.
Je souris encore plus.
Le téléphone sonna et je serrai automatiquement la main, bien que le bruit soit venu de la cuisine, et non de mon poing.
Je fus immédiatement certaine que c’était Edward appelant pour vérifier l’information que j’avais fournie. Il n’avait pas confiance en moi. Il me pensait assez cruelle pour faire une plaisanterie de ce genre, apparemment. Mes yeux lançaient des éclairs lorsque je me dirigeai vers la cuisine pour répondre au téléphone de Tanya.
Le téléphone était au bord de la longue table qui servait de plan de travail. Je l’avais dans les mains avant même que la première sonnerie aie fini de retentir, et je me retournai vers les grandes portes fenêtres lorsque je répondis. Je ne voulais pas l’admettre, mais je guettais le retour d’Emmett et de Jasper. Je ne voulais pas qu’ils m’entendent parler à Edward. Ils se mettraient en colère…
« Oui ? » demandai-je.
« Rose ? Il faut que je parle à Carlisle. Tout de suite, » lâcha sèchement la voix d’Alice.
« Oh, Alice ! Carlisle chasse. Qu’est-ce qui …?
« Très bien, j’attendrais son retour, alors. »
« Qu’est-ce qu’il y a ? Je lui demanderai de te rappeler lorsqu’il rentrera … »
« Non, » coupa-t-elle encore. Je serai bientôt dans l’avion. Dis-moi, tu as des nouvelles d’Edward ? »
Mon estomac se noua et sembla tomber au fond de mon abdomen. Le sentiment que cela apportait avait un étrange goût de déjà-vu, un faible brin de ma mémoire humaine, longtemps disparu. Nausée…
« Et bien, oui, Alice. En fait, je viens de lui parler. Il y a quelques minutes de cela. » Pendant une brève seconde je fus très attirée par l’idée de dire à Alice que c’était Edward qui m’avait appelée, comme si cela n’était qu’une coïncidence. Mais naturellement il n’y avait aucun avantage à mentir. Edward sera déjà assez en colère contre moi lorsqu’il rentrerait pour ne pas en rajouter. « Carlisle et toi aviez tort, » dis-je. « Edward n’apprécierait pas d’être trompé de la sorte. Il voudrait la vérité. Il la voulait. Alors je la lui ai donnée. Je l’ai appelé… Je l’ai appelé, plusieurs fois, » admis-je. « Jusqu’à ce qu’il décroche. Laisser un message aurait été une… mauvaise idée. »
« Pourquoi ? » haleta Alice. « Pourquoi as-tu fait ça, Rosalie ? »
« Parce que plus vite il aura surmonté ça, plus vite tout rentrera dans l’ordre. Ça n’aurait pas été plus facile pour lui avec le temps donc pourquoi attendre ? Le temps n’y changera rien. Bella est morte. Edward sera triste et puis il surmontera cette épreuve. Mieux vaut que cela arrive maintenant que plus tard. »
« Et bien, tu as eu tort à tous les points de vue, Rosalie. Ce qui nous pose un problème, tu ne crois pas ? », demanda Alice d’un ton féroce et méchant.
Tort à tous les points de vue? Je clignai des yeux rapidement, essayant de comprendre.
« Bella est vivante ? » chuchotai-je, ne croyant pas ces mots. J’essayais juste de mettre le doigt sur les points auxquels Alice faisait référence.
« Oui, je te le confirme, elle se porte comme un charme. »
« Comme un charme ? Tu l’as vue se jeter d’une falaise ! »
« J’avais tort. »
Les mots sonnaient si étrangement dans la voix d’Alice. Alice, qui n’avait jamais tort, qui n’était jamais attrapée par surprise…
« Comment ? », chuchotai-je.
« C’est une longue histoire. »
Alice avait tort. Bella était vivante. Et j’avais dis à…
« Super, tu as mis un sacré désordre, » grognai-je, transformant ma contrariété en accusation. « Edward va être furieux quand il reviendra à la maison. »
« Tu as tout faux là-dessus aussi, figure toi, » dit Alice. Je pouvais entendre qu’elle parlait entre ses dents. « D’où mon appel… »
« Faux à propos de quoi ? Edward revient à la maison ? Bien sûr qu’il
viendra. », riais-je moqueusement. « Quoi ? Tu penses qu’il va nous faire son Roméo ? Ha ! Comme certains romantique stupides – »
« Oui, » siffla Alice, sa voix comme la glace. « C’est exactement ce que j’ai
vu. »
La dure conviction de ses mots rendit les genoux bizarrement chancelants. Je m’appuyais contre le mur le plus proche – soutenant mon corps dur comme du diamant qui ne devait probablement pas en avoir besoin. « Non. Il n’est pas aussi stupide. Il… il devrait se rendre compte que… »
Mais je ne pouvais pas finir ma phrase, parce que je voyais dans ma tête, une vision me concernant. Une vision de moi. Une vision impensable de ma vie si d’une façon ou d’une autre Emmett cessait d’être. Mon frisson ne fut pas à la hauteur de l’horreur de l’idée.
Non – il n’y avait aucune comparaison. Bella était juste une humaine. Edward ne voulait pas qu’elle devienne immortelle, donc ce n’était pas pareil. Edward n’avait pas pu ressentir la même chose !
« Je… Je ne voulais pas que ça se passe comme ça, Alice ! Je voulais juste qu’il revienne à la maison ! » Ma voix était presque un hurlement.
« C’est un peu tard, Rosalie, » me dit Alice, plus dure et plus froide qu’avant. « Garde tes regrets pour quelqu’un qui acceptera de les gober. »
Il y eût un clic, et puis une tonalité.
« Non, » chuchotai-je. Je secouai la tête pendant un moment. « Edward doit impérativement revenir à la maison. »
Je regardai fixement mon visage dans le carreau de la porte fenêtre, mais je ne pouvais plus le voir. Il était juste une souillure difforme de blanc et d’or.
Puis, par delà la souillure, au loin dans les bois, un arbre énorme vacilla. Emmett.
J’ouvris la porte à la volée pour sortir. Elle frappa brusquement contre le mur, mais le bruit était lointain derrière moi car je courrais déjà dans l’herbe verte.
« Emmett ! » criai-je. « Emmett, je t’en conjure, aide-moi ! » .

 

NOTRE UNION


Je le regardai et le trouvai si grand, si beau, si fort. Ses yeux, tout comme son corps, d’ailleurs,  exprimaient douceur, hésitation et désir.
Du désir pour moi, uniquement pour moi.
Un frisson de dégoût me parcourut l’échine. Se pourrait-il qu’un jour j’apprenne à surmonter ce passé qui laissait toujours un goût de cendre dans ma bouche d’immortelle ?
Il voulut s’approcher de moi … et instinctivement je montrai les crocs.
« Tu ne me toucheras pas, sale vermine, je ne suis pas une de ces putains a qui tu feras écarter les jambes à ta guise.
Je le haïssais. Non je LES haïssais, tous autant qu’ils étaient, ces monstres répugnants, les hommes, qui n’en veulent qu’à votre corps qu’à votre beauté !
Cette beauté dont je me vantais chaque jour de ma vie fut ma perte la plus atroce. Je ne souhaite à aucune femme de mourir ainsi, comme une vulgaire chose qui a déjà trop servi et dont on a trop abusé.
« Tu ne m’auras pas ! » dis-je à l’homme qui me faisait face, toujours indécis et si peu sûr de lui.
Je savais mon visage déformé par la haine et les mauvais souvenirs. Depuis ce jour, je n’avais plus jamais cherché la compagnie d’un de ces monstres que la nature avait baptisée « mâles ». Certes, ma condition de vampire faisait que je me devais déjà d’être sur mes gardes, mais dans le même temps… Je n’aimais pas ça et pas comme ça.
La seule personne à qui j’aurais volontiers accordé mes faveurs, à qui j’aurais fait une fleur, m’avait insultée de la pire des façons en ne m’accordant pas ce à quoi j’étais en droit de mériter. Pourtant, il aurait été le seul qui en aurait valu la peine. Cependant, lui, je ne l’aimais pas. Contrairement à ce rustaud qui me faisait à présent face et qui ne savait pas comment me prendre.
Ah, qu’il semblait niais avec son regard à la fois hésitant et éperdu d’une reconnaissance que je ne méritais absolument pas.
« Rosalie, commença t-il, si tu ne veux pas, je pourrais comprendre…
« Oh, tais-toi Emmett ! N’as tu donc aucune fierté ?! Je te repousse, et toi, que fais-tu ? Tu patauges ! »
Bizarrement, je le désirais, mais je ne savais jamais comment m’y prendre et le lui dire… j’aurais préféré avaler ma langue plutôt que de m’aplatir devant lui. S’il  voulait de moi… et surtout s’il m’aimait autant qu’il me le disait…
« Rosalie, tu sais que je t’aime… tu es mon ange, jamais je ne pourrais te faire de m…
Mon rire glacial coupa court à ses argumentations.
« Arrête, Emmett, tu es un homme, et je sais ce que les hommes veulent de moi… Alors garde ton amour pour d’autres ! »
Jamais je n’aurais dû lui dire ça. Un grognement sourd émana du plus profond de ses entrailles et d’un geste, il fut sur moi. Ses mains enserraient d’un étau de fer mes poignets. J’avais beau être très forte il me maîtrisait comme une poupée de chiffon.
Le salaud !
Au fond de moi, je sentis poindre la peur, mais en même temps, autre chose enfoui dans les tréfonds de mon âme ne demandait qu’à surgir, comme à chaque fois dans ces circonstances, une émotion que je refusais de laisser s’exprimer… J’avais peur… Peur de lui, peur du passé, peur de moi !
« Emmett, lâche-moi »
« NON » !
« Emmett, s’il te plait… »
« NON »
Si fier, si homme…
C’est alors que sa bouche fondit sur la mienne et en força brutalement l’entrée de  sa langue. Son geste était rageur, et si plein de désir à la fois…
De désir pour moi mais pas seulement… d’amour aussi…
Non, c’est impossible. On peut me désirer, mais m’aimer est une toute autre affaire. Pourquoi l’amour est-il charnel ? Pourquoi est-ce si brutal, si douloureux…
Sa langue vint caresser la mienne et un courant électrique loin d’être désagréable me parcourut de la tête aux pieds. C’était bon…
… Si bon…
Quoi ?
Un déclic se fit dans ma tête et j’oubliai tout : le passé, mes réticences, tout sauf lui,  lui seul contre moi si… si fort !
D’une main, j’attrapai ses cheveux de jais et le forçai à reculer pour mieux reprendre où nous en étions. Je voulais le dominer pour mieux dompter ma peur.
Sans ménagement, il me poussa par terre. Je préférais le lit et je me battis comme une lionne pour l’avoir : je le griffai, le frappai, mais il m’arrêta d’une main ferme et déchira ma  jolie nuisette qui mettait si bien mes courbes en valeur.
Les mots étaient inutiles, notre rituel allait commencer…
Je le débarrassai des remparts à mon plaisir à coups de griffes. Il fut nu en un instant et je pus admirer sans retenue sa beauté de mâle dans toute sa splendeur. Telle une bête féroce, je me jetai sur lui, et à grands coups de langue, j’entrepris de lécher toutes les parties de son corps exposées à ma vue. Lorsque j’arrivai au point le plus sensible, il m’attrapa par les cheveux et ramena ma bouche gourmande vers la sienne. Nous nous embrassâmes éperdument. Il me fit  rouler sous lui tout en m’agrippant les cuisses d’une poigne de fer et sans attendre, il me pénétra violemment.
Je poussai un cri de douleur.
C’était toujours comme ça. J’avais mal, c’était plus fort que moi. Sans attendre, il frotta son nez au creux de mon cou et commença des va et vient d’une violence telle que la moquette se déchira sous moi. Exaltée par le plaisir qui commençait à poindre, je le soulevai et, instinctivement, il m’accrocha à lui avant de se redresser. Debout, toujours en moi, il ma plaqua brutalement contre le mur qui ne tint pas longtemps. Nous nous retrouvâmes une fois de plus à terre au milieu des débris et divers morceaux de plâtre et  de bois qui jonchaient maintenant le sol mis en péril par nos mouvements frénétiques…
Je me mis à geindre tellement la passion me consumait avant d’atteindre le septième ciel. Lui seul savait comment me maîtriser… parce que lui seul savait m’aimer.
Je le sentis vibrer au dessus de moi avant que son corps  ne se relâche pour se faire plus lourd sur le mien.
J’aimais ça.
Parce que c’était lui.
«  Je t’aime. »
« Moi aussi, ma Rose, plus que tu ne pourras jamais l’imaginer. Tu es ma raison d’être en ce bas monde. »
Oui, plus que je ne pourrais l’imaginer, mais je pouvais au moins être certaine d’une chose :
Je n’étais plus seule.

 

 SI SES PASSAGES VOUS ONT PLUS, VOUS POURREZ EN RETROUVER D’AUTRES INEDITS DE STEPHENIE MEYER QUI ONT ETE TRADUITS EN FRANCAIS PAR PAULINE SUR SON BLOG : twilightworld.unblog.fr

 

Dans :
Par pussy123
Le 28 7 2v20UTCSat, 07 Feb 2009 15:20:00 +0000 2009
A 160350
Commentaires : 9
 

9 Commentaires

  1.  
    Sally
    Sally écrit:

    J’aime

  2.  
    Sally
    Sally écrit:

    OUIN J’crois que mon Commentaire a Bugéé :’(
    J’disais donc :
    Imaginé Carlisle qui ne sourit plus, c’est trop triste :o
    L’est tellement beau :P
    Merci beaucoup d’avoir rajouté ca (L)
    Bon Courage =)

    J’retourne à mon néant :P

  3.  
    Leslie
    Leslie écrit:

    Ces textes sont de jolis cadeaux de Stephenie Meyer!
    Mais où as-tu trouvé le dernier, ‘Notre unions’?

  4.  
    pussy123
    pussy123 écrit:

    Bonjour tout le monde et merci à tous pour vos commentaires !
    Bonjour Leslie.
    Le dernier « notre union », je l’ai trouvé sur un blog de twilight et j’ai pensé que ce serait bien de le mettre à la suite « des nouvelles de Rosalie ».
    J’espère en trouver d’autres !

  5.  
    Halima
    Halima écrit:

    Ohlalala, mon edward triste, c’est horrible.
    Pourquoi Stéphenie Meyer ne publit pas ces livres ? Bon on le sait tous mais bon…

    Merci d’avoir publier ça, merci, vraiment merci :)

  6.  
    ptitepoly
    ptitepoly écrit:

    Resalut
    Ce que tu as mis me convient totalement. Merci encore pour ton soutien. J’ai visité ton blog et j’aime beaucoup. On voit que tu aimes avant tous les livres de Stephenie Meyer. Ca change de tous ces blogs des groupies ! lol.
    Par contre je suis pas sûr que « notre union » ait été écrit par S. Meyer.
    Merci encore.
    Bisou
    Pauline

  7.  
    pussy123
    pussy123 écrit:

    Merci Pauline pour tes commentaires.
    Ton aussi est excellent !
    Si tu as confirmation que « notre union » n’est pas de Stephenie Meyer, n’hésite pas à me le dire.
    bisou

  8.  
    Anais
    Anais écrit:

    J’étais presque au courant de tout sur ton site, méme quand edward crois que bella est morte ( Tentation, point de vue edward cullen), mais les lignes du point de vue de rosalie je n’avais jamais encore trouver.
    Mercii de nous faire partager sa =D

  9.  
    elody
    elody écrit:

    Cher pussy je ne peu ke te felicité je voulai vraimen avoir des info sur les livre et les films.grace a toi on a un tre bon blog et yen a pr tt les gou enfin moi je vai sur tn site kan jai du tem libre et je conte bien tt regarder sa fai plais de voir le rspec ke tu raporte o livre et o film tre rare en se momen car tt les site ke jai trouver son des groupie ki son juste fan de la boté de rob (en precision ji sui po indiferente lol )ms la moitié se foute des livre ki es pr moi tre importt enfin bref avan de fair un com de 10 m je voudrai bien kon puisse discuté sur msn ou otremen je sui sur facebook mon nom est elody dyon merci a toi !! bis a ts les fans

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